L’expression « paradis fiscal Andorre » revient fréquemment dans les moteurs de recherche. Elle renvoie à une image héritée d’une autre époque. Pourtant, la situation actuelle de la Principauté est très différente de celle des années 1990 ou 2000. Aujourd’hui, Andorre applique un système fiscal structuré, transparent et aligné sur les standards internationaux. Alors pourquoi cette réputation persiste-t-elle ? Voici dix questions pour mieux comprendre la réalité fiscale andorrane.
Paradis fiscal et Andorre ? 10 points pour approcher la réalité du système andorran
1 — D’où vient la réputation fiscale d’Andorre ?
Avant les réformes engagées au début des années 2010, Andorre ne prélevait pas d’impôt direct sur le revenu et conservait un secret bancaire important. Cette configuration a durablement marqué les esprits. Cependant, ce modèle a été profondément transformé au cours de la dernière décennie.
2 — Figure-t-elle sur des listes internationales de paradis fiscaux ?
Non. Andorre n’apparaît sur aucune liste noire de l’Union européenne, de l’OCDE ou des grandes institutions financières internationales. Elle participe désormais aux mécanismes d’échange automatique d’informations fiscales et coopère avec les États partenaires.
3 — Paradis fiscal ou fiscalité compétitive : quelle différence ?
Un paradis fiscal classique se caractérise par l’opacité et l’absence de coopération. Andorre, à l’inverse, propose des taux modérés mais impose des obligations déclaratives strictes. Les contribuables sont identifiés, les flux financiers contrôlés et les règles internationales respectées.
4 — Quels impôts existent réellement en Andorre ?
Le système andorran comprend :
- Un impôt sur le revenu des personnes physiques,
- Un impôt sur les sociétés,
- Une taxe indirecte équivalente à la TVA (IGI),
- Des cotisations sociales obligatoires.
La différence ne réside pas dans l’absence d’impôts, mais dans le niveau des taux appliqués.
5 — Quels sont les taux en vigueur ?
Les plafonds actuels sont parmi les plus bas d’Europe :
- Impôt sur le revenu : jusqu’à 10 %,
- Impôt sur les sociétés : 10 % maximum,
- IGI : 4,5 %.
Ces taux expliquent l’attractivité du pays, tout en maintenant une structure fiscale complète.
6 — Le secret bancaire existe-t-il encore ?
Non. Andorre applique les normes internationales de conformité bancaire :
- Procédures KYC (connaissance client),
- Lutte contre le blanchiment,
- Transmission automatique des données fiscales aux États partenaires.
La confidentialité absolue appartient au passé.
7 — Peut-on devenir résident uniquement pour réduire son imposition ?
La résidence fiscale andorrane suppose des critères concrets :
- Présence effective sur le territoire,
- Centre d’intérêts économiques identifiable,
- Activité réelle ou investissement,
- Respect des obligations administratives.
Les résidences purement théoriques ne sont pas reconnues.
8 — Les entreprises sont-elles contrôlées ?
Oui. Les sociétés andorranes doivent :
- Tenir une comptabilité conforme,
- Déposer leurs comptes,
- Déclarer leurs revenus,
- Respecter les règles sociales et fiscales.
9 — Pourquoi Andorre reste-t-elle fiscalement plus attractive que ses voisins ?
La fiscalité modérée est un choix stratégique. La Principauté a opté pour un modèle économique basé sur :
- Des taux faibles mais généralisés,
- Une consommation locale dynamique,
- Une attractivité pour les talents et entrepreneurs,
- Une gestion budgétaire maîtrisée.
Il s’agit d’un équilibre économique assumé, non d’un mécanisme d’évasion fiscale.
10 — Peut-on encore parler de paradis fiscal andorran ?
Sur le plan juridique, non. Andorre est aujourd’hui une juridiction coopérative, transparente et réglementée. La qualifier de paradis fiscal est inexact. Elle se distingue non par l’absence d’impôt, mais par une fiscalité plafonnée et stable dans un cadre légal européen.